Avertir le modérateur

Newsletter

Janvier 2017

D L M M J V S
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31

Tout ce qu'il faut savoir sur le vin

Le point sur les millésimes L’accord idéal des vins et des mets Carte des millésimes : la Vintage Code© La vigne et les sols des vignobles L'éthique du vin Les principaux cépages L'encyclopédie du vin L’élaboration des vins

12/12/2012

La Bretagne à table

C’est l’un des pays où les goûts culinaires de chacun peuvent être largement satisfaits : lescochonnailles voisinent avec les produits de la mer, les cultures maraîchères avec les fruits. On trouve même en Ile-et-Vilaine des marrons. Le lait est une base de la cuisine bretonne. Largement utilisé pour le beurre doux, demi-sel et salé, il devient alors « amann » et sert à de nombreux fromages.

Côté viandes, la plus célèbre est l’agneau de pré-salé : les animaux paissent dans le secteur d’Ouessant, ce qui donne à la viande une saveur toute particulière. Il y a aussi les bovins de race nantaise appelés « cholets », les porcs, les volailles, poulets et canards – les remarquables « nantais » – ainsi que des oies. Parallèlement à ces élevages, on trouve également des lapins de garenne.

La charcuterie est dominée par l’andouille. Provenant de Guémené, elle doit sa réputation à sa préparation particulièrement minutieuse suivie d’un fumage à froid. Cette tradition a engendré la création de confréries comme celle des « taste-andouilles » ou encore l’Association amicale des amateurs d’andouillettes authentiques. En bonne place figurent également les rillettes de porc ou de lapin, les boudins blancs et noirs, les saucisses, les tripes aux pruneaux ou relevées avec du cidre, les terrines de couenne et lard. Et toute une série de produits typiques au nom bien breton comme, par exemple, le « chotem bigouden », tête de porc aillée cuite dans le four du boulanger.

Le poisson a bien entendu, de par la situation géographique de la Bretagne, une place prépondérante : sardine, bar, rouget, merlu, saint-pierre, maquereau, hareng, daurade, anguille et civelle, raie, seiche et congre. Tout comme les poissons, les coquillages sont au rendez-vous breton : moules, praires, oursins, huîtres, coques, bigorneaux, crevettes, langoustines, homards, langoustes, crabes et tourteaux garnissent les plateaux de fruits de mer proposés par les restaurateurs.

On peut également déguster d’excellentes soupes préparées avec ces poissons : à Saint-Brieuc, la soupe aux moules relevée avec de l’ail et de l’oseille ; au Croisic, la « godaille », à base de têtes de poissons. Il y a aussi la « baguette », soupe de purée de poissons, le pot-au-feu au congre, souvent accompagné de légumes, la soupe aux étrilles, ainsi que la célèbre « cotriade », qui regroupe de nombreux poissons, quelquefois du lard, toujours des pommes de terre à la vinaigrette. Mais il y a aussi les soupes de légumes comme la « charveix » aux asperges, crème, jaune d’œuf et tapioca, et la « mitonne » –en deux versions : la plus simple se prépare avec de l’eau, du pain et des oignons : la plus riche avec du beurre et des œufs. Quelques spécialités de cette région : la soupe aux artichauts, aux haricots, au potiron, et, plus rapide à préparer, la « soupe au lait » sucrée.

A noter sur vos tablettes, une spécialité dont la réputation n’est plus à faire : le beurre blanc. Il se prépare de la façon suivante : on prend des échalotes grises qui sont mises à réduire dans un vinaigre de muscadet, puis elles sont montées au beurre comme une mayonnaise. Le petit truc des restaurateurs : rajouter de la crème fraîche pour empêcher le beurre blanc de se séparer.

Autre délicieuse spécialité de la région de Guingamp : la morue à la guingampoise, faite avec des croquettes de purée de pommes de terre roulées dans des jaunes d’œuf puis panées et frites.

Le plateau de fromages bretons n’a rien à envier à celui des fruits de mer. Les fromages sont souvent préparés au lait caillé. Le plus célèbre est la caillebotte ou encore le crémet, dégusté au sucre et à la crème fraîche. Comme dans toutes les régions, les couvents et abbayes sont des lieux importants pour la tradition gastronomique et la Bretagne n’y fait pas exception. Ainsi, l’abbaye de Sainte-Anne d’Auray produit un fromage voisin de saint-paulin. Autre spécialité fromagère due à un prêtre qui l’aurait trouvée en 1794 : le « curé », fromage à pâte pressée et non cuite.

Il existe, en revanche, peu de spécialités de pains. La seule originalité en ce domaine serait lepain plié. En ce qui concerne les pâtisseries, la Bretagne n’est pas en reste. La plus célèbre est le « kouign aman », une subtile recette au beurre dont le dessus est caramélisé. Pour les amateurs, il y a encore les galettes, les macarons, les biscuits, les gâteaux aux figues fraîches, aux fruits confits au kirsch, et toutes les crêpes : chaudes à savourer dans les crêperies, ou « dentelle », croustillantes, présentées en boîte et à déguster avec une glace ou un sorbet. Côté gâteaux réputés, il ne faut pas oublier la célèbre brioche nantaise. Quant aux friandises, on en trouve de toute sorte : « cœurs » de Plougastel, « câlinettes » de Rennes, « mimosas » de Saint-Brévin-les-Pins, « niniches » de Quiberon, caramels au beurre salé et « kalon briez », chocolats en forme de cœur, en souvenir des chouans qui se reconnaissaient entre eux grâce à un insigne, un cœur rouge dominé par une croix.

Le chou-fleur est la fleur de Bretagne, ou tout au moins un des légumes symboles de cette terre. Il est normal qu’on le retrouve en sucrerie, tout comme les huîtres et sardines en chocolat qui garnissent les devantures des pâtisseries bretonnes. Si vous passez par Nantes, achetez ses berlingots, leur réputation n’est vraiment plus à faire !

 

LE VIN DE A à Z

Cliquez sur une LETTRE pour avoir accès au vocabulaire et à l'Encyclopédie mondiale du vin. 


A - B - C - D - E - F - G - H - I - J K - L - M - N - O - P - Q - R - S T - U - V - W - X - Y - Z

 

28/10/2012

Bourgogne : l'osmose exceptionnelle des vins et des mets

Sans nul doute le pays bourguignon possède les meilleurs atouts avec la qualité de ses produits de terroir. Pays où la viande est excellente, comme le Charolais qui est, à juste raison d’ailleurs, fort réputé. Particulièrement appréciés également, les veaux en provenance de Saint-Martin-en-Haut, toujours dans le pays charolais, les volailles des Amoges et de la Marche, les canards sauvages, ainsi que les porcs et leurs cousins, les sangliers, rehaussés par la célèbre moutarde de Dijon.

Pour les Classements des meilleurs vins rouges de Bourgogne, cliquez ICI 

Pour les Classements des meilleurs vins blancs de Bourgogne, cliquez ICI 

Le plateau de charcuteries pourrait faire pâlir d’envie celui des viandes. On y trouve toute sorte de jambons, crus, braisés, persillés, les andouillettes et andouilles, les pâtés en croûte, les pieds truffés à la dijonnaise, le boudin de campagne, les tripes préparées avec du gras-double, des oignons, des œufs, des champignons, de la mie de pain, des échalotes, du persil et des câpres. Il vous faut absolument goûter les « attereaux », spécialité bourguignonne composée de porc en petits morceaux, mélangés à des œufs et des herbes, enveloppés de crépine, puis recouverts de vin, agrémentés d’épices et cuits au four. Également bourguignonne, la tourte à la chair à saucisse, les « beursaudes », préparation à base de poitrine de porc coupée, légèrement revenue, dont la cuisson est continuée en cocotte après avoir rajouté des herbes. Mise en pots de grès, elle peut se consommer plusieurs jours. Enfin l’on retrouve les grattons ou rillons, qui font la joie de certains.

Les escargots, qui demeurent l’emblème de la Bourgogne, trouvent leur pleine saveur préparés au chablis. Parmi les poissons, nous trouvons tous ceux des fleuves et rivières dont le brochet, apprécié en quenelles, la brème, la carpe, l’anguille, le poisson-chat. Et n’oublions pas les grenouilles, dont les cuisses sont rissolées avec de l’ail et du persil. Escargots et grenouilles étant les rois de la Bourgogne, dégustez le plat régional où ces deux produits se côtoient, préparés à l’ail et au persil.

 

Cliquez sur l'appellation pour accéder GRATUITEMENT aux vignerons retenus dans le GUIDE DUSSERT-GERBER cette année

 

AUXEY-DURESSES
BEAUNE
BOURGOGNE
CHABLIS
CHAMBOLLE-MUSIGNY
CHASSAGNE-MONTRACHET
CLOS DE LA ROCHE
CORTON-CHARLEMAGNE
CÔTE SAINT-JACQUES
CRÉMANT DE BOURGOGNE
FIXIN
GEVREY-CHAMBERTIN
GIVRY
MÂCON- BRAY
MÂCON-IGÉ
MARSANNAY
MEURSAULT
MONTHÉLIE
MOREY-SAINT-DENIS
NUITS-SAINT-GEORGES
PERNAND-VERGELESSES
POMMARD
POUILLY-FUISSÉ
POUILLY-VINZELLES
PULIGNY-MONTRACHET
RULLY
SAINT-AUBIN
SAINT-BRIS
SAINT-VÉRAN
SANTENAY
SAVIGNY-LES-BEAUNE
VIRÉ-CLESSÉ
VOLNAY
VOSNE-ROMANÉE
VOUGEOT

 

Il serait erroné de croire que la Bourgogne cultive peu de légumes. Leur récolte y est abondante : carottes, cornichons, échalotes, et oignons dont Auxonne en Côte-d’Or tire sa réputation. Ainsi le pays bourguignon propose-t-il de nombreuses soupes, dont celle dite  « aux appétits » à base de vert d’oignons frais, que l’on verse sur du pain beurré. Mais aussi la « soupe au saucisson » composée de choux, rondelles de saucisson et croûtons, ou encore le potage de Nevers, mélange de choux et carottes, et la « trempée » où se côtoient seulement vin rouge et pain selon les goûts ou l’humeur, elle peut être sucrée ou salée, ou préparée avec du vin blanc. Les deux spécialités traditionnelles sont la « soupe aux gaudes », sorte de bouillie faite avec des galettes de maïs chaudes, additionnée de lait froid, et la « soupe aux beursaudes », à base de lard, pain et bouillon.

Le plateau de fromages vous propose un choix étendu, au lait de chèvre ou lait de vache. Nous retrouvons l’époisses au goût prononcé dû à des macérations dans du vin blanc ou un mélange d’eau et d’eau-de-vie de marc. Autre fromage non moins célèbre, le citeaux, fabriqué par les moines de l’abbaye du même nom, tout comme celui d’une autre abbaye, celle de La Pierre-qui-Vire. Pour compléter ce plateau, il nous faut citer le claquebitou, présenté avec ail, oignons et herbes. L’époisses a un dérivé fort bon également, le cendré d’Aisy, qui doit son appellation à son affinage sur la cendre de sarments de vigne. La liste n’est pas exhaustive, il y a encore les « boutons de culotte », le toucy, le charolais, des chèvres à consommer frais ou secs. Un bon plateau de fromages se doit d’être bien accompagné, d’abord par les pains : goutez les pains régionaux, le « pain à soupe », le « pain marchand de vin » et le « cordon » (à voir absolument : le musé du Blé et du Pain à Verdun-sur-le-Doubs).

La Bourgogne est aussi une grande productrice de miel, et de nombreuses spécialités sucrées sont conçues à partir de cet élément. Nous retrouvons toute sorte de pains d’épice, notamment à Dijon, des biscuits à la cuiller, des friandises à base de chocolat, les baladins et les grumes à Mâcon, les nougatines, odettines, caramels dits « négus » ou « lolottes » à Nevers, les nonnettes à Auxerre, les bûchettes et marquises à Clamecy. Les bonbons à l’anis, les sucres d’orge, les grabaches, les graviers, les pâtes de fruits à base de cassis, les « cassissines », font partie intégrante des sucreries bourguignonnes, ainsi que les « douceurs de Gianduja » aux noisettes (il ne manque plus que Tchaïkovski !).

Côté gâteaux, la Bourgogne n’est pas vraiment à plaindre : vous pourrez y déguster de succulentes tartes aux pruneaux, les « nids d’amour », sorte de beignets confectionnés pour la Saint-Nicolas, le 6 décembre. Toutefois le produit clé de la Bourgogne est le cassis. On l’utilise sous forme de confitures, bonbons. Tel quel, mélangé à du bourgogne aligoté, il compose cet apéritif fort répandu, le kir. Moins connues mais tout aussi délicieuses sont les « perles mâconnaises » au kirsch ou le « raisiné », un concentré de jus de raisin dans lequel sont cuits poires et coings.

Enfin, notez sur vos tablettes les « jacquelines ». C’est en 1383 que Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, guerroyant pour Charles IV, vainquit les Gaulois à Courtrai. Il offrit à la ville de Dijon l’horloge à automates qui surmontait le beffroi et la fit placer en haut de l’église Notre-Dame. Au XVIIe siècle, les Dijonnais adjoignirent à l’automate baptisé Jacquemart une épouse, Jacqueline, et plus tard Jacquelinet et Jacquelinette. De nos jours, la famille Jacquemart sonne toujours, sans jamais faillir, heures, quarts et demies. En 1926, Michelin présenta au Conseil des prud’hommes de la ville de Dijon l’échantillon d’une succulente friandise qu’il déclara vouloir appeler « jacqueline », modeste hommage à la fidèle épouse de Jacquemart et en remerciement de leurs longs et loyaux services.

 

LES VINS DE BOURGOGNE

Tout concourt ici, à faire la différence entre un bon vin et un vin sublime, et cela explique l’extrême diversité des grands vins bourguignons, qui leur donne cette typicité unique, où l’élégance prédomine toujours, en rouge comme en blanc. 

La force des sols est omniprésente, et on ne doit s’intéresser qu’aux Vignerons dignes de ce nom, ceux qui pratiquent l’amour du terroir associé à une convivialité exemplaire, et c’est ce qui compte ici, tant cela peut manquer dans d’autres régions. Car ici, le vin est avant tout un art de vivre. On partage un moment (et on boit un “canon” en même temps) avec ces Vigneronstalentueux et passionnés, souvent très discrets, mais avec lesquels on partage, quand on les connaît, une convivialité rare.

Bien sûr, il s’agit de savoir faire le bon choix, tant la complexité des classements en crusclos,climats, et le fait qu’un vigneron puisse posséder une multitude de crus dans un périmètre très restreint (quelques ares…) ne peuvent que multiplier les différences. La Bourgogne est un paradoxe à l’état pur, où la nature, au travers des terroirs et des microclimats, est omniprésente. Comment expliquer que l’on puisse trouver autant de différence entre un Nuits-Saint-Georges ou un Pommard, un Meursault ou un Montrachet, quand on sait que le cépage (Pinot Noir ouChardonnay) est unique, et que l’on ne peut pas “jouer” sur la proportion des raisins ? Quand on se promène entre les murets qui entourent les vignes des Grands crus, on voit qu’à quelques mètres de distance le sol ne produit pas les mêmes crus. L’altitude des vignes, selon qu’elles se situent à 150 ou 300 m, l’inclinaison des pentes (les meilleurs vins proviennent des mi-pentes), la richesse des sous-sols en ressources minérales, en sodium, en oligoéléments… Tout concourt ici, dans un “mouchoir de poche”, à faire la différence entre un bon vin et un vin sublime. Ajoutez à cela l’exposition (fondamentale) face aux mouvements du soleil, un territoire pauvre où la terre est rare, et vous comprendrez l’extrême diversité des grands vinsbourguignons. Globalement, les Grands crus sont régulièrement “supérieurs” aux Premiers crus, l’exception et le talent de l’homme confirmant la règle.
 

Bien entendu, ici comme ailleurs, quelques producteurs élèvent des vins trop “travaillés” (et bien chers) où le fût neuf est employé à l’extrême, ce qui n’est pas pour arranger le Pinot Noirnotamment, qui demande de la finesse. Il en va de même pour certains blancs, où la barrique (et tout le baratin que l’on va vous raconter) ne remplace pas le terroir... LIRE LA SUITE 

 

 

Le point sur les millésimes

 

En Bourgogne, le millésime 2007 est très réussi, très minéral, en blanc (très beaux Chablis) comme en rouge, ces derniers largement supérieurs au 2006. Les millésimes 2008, 2004, 2003, 2002, 2001, 2000 et 1999 sont très savoureux. Exceptionnel 2004, dans la lignée du 2000, dans les deux couleurs, qui côtoie donc un 2003 atypique, comme le grand 2005, qui demande de la patience. Superbes bouteilles en blancs dans les millésimes 2000, 1999, 1995 ou 1989, alors que les meilleurs rouges développent leur attrait dans les millésimes 1999, 1997, 1989 ou 1985.

 
Pour les rouges

les grands : 2009, 2008, 2005, 2003, 2002, 2000, 1999, 1995, 1990, 1989, 1985, 1983, 1979, 1978, 1976, 1978, 1971, 1970.

les bons : 2007, 2006, 2004, 2001, 1998, 1996, 1993, 1988, 1986, 1979.

 
Pour les blancs

les grands : 2009, 2008, 2007, 2006, 2005, 2004, 2002, 2000, 1999, 1998, 1995, 1990, 1989, 1986, 1985, 1983, 1982, 1979, 1978, 1976, 1970.

les bons : 2003, 2001, 1997, 1996, 1994, 1988, 1987, 1971.

 

Pour tout savoir sur les vins de Bourgogne, cliquez ICI 

Pour le Top Vignerons de Bourgogne, cliquez ICI

 

 

18:26 | Lien permanent | Gastronomie, Recettes | |  del.icio.us | | Commentaires (0) | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

04/10/2012

La Normandie gourmande

Cette région offre aux gourmets et gourmands tout ce qu’ils peuvent souhaiter. En viandes par exemple, nous retrouvons l’agneau de pré-salé dont celui d’Avranches, les bœufs « normands » à la chair remarquable, les porcs et les volailles : oie, dinde, canard, auxquels vient s’adjoindre le gibier d’eau.

Toutes ces viandes sont la base des produits charcutiers ; l’une de ces spécialités, la plus connue sans doute, est l’andouille de Vire, où l’estomac coupé en lanières voisine avec des épices, avant d’être enfoui dans un boyau puis fumé au bois de hêtre. La région foisonne d’autres variétés d’andouilles et d’andouillettes, chacune ayant ses produits et sa propre originalité.

Presque aussi répandu que l’andouillette est le boudin. Celui du bocage, auquel on ajoute de la crème fraîche, est noir. Celui de Mortagne-au-Perche, noir aussi, est fait lui à base d’abats. Il est d’ailleurs fort connu et a sa confrérie de chevaliers du « goûte-boudin ». Le boudin blanc, lui aussi, vit dans la tradition puisque celui du Havre par exemple est fabriqué selon la même recette que celle du Moyen Âge. Il est à base de porc, lait, mie de pain, fécule et œufs. Une autre variété, produite dans la Manche celle-là, la « courave », est faite à base d’abats. Plus original encore est le jambon au foin, dénommé ainsi parce qu’il est recouvert de cette herbe pendant deux heures après la salaison et ensuite fumé.

La Normandie, c’est aussi le pays des rillettes. Elles sont soit pur porc ou mélangées avec du veau ; celles du Vexin sont uniquement faites à partir de lapin. Une innovation dans cette région : ce sont les « attignoles », boulettes de porc ou d’autres viandes mélangées avec de la mie de pain imbibée de lait, d’œufs, d’aromates et mises à cuire au four.

Mais surtout gardons pour la fin les tripes. Les plus remarquables et remarquées sont celles « à la mode de Caen » qui nécessitent dix à douze heures de cuisson dans une tripière sur fond de carottes, oignons, vin blanc ou –mieux– cidre et calvados. Il existe depuis 1950 à Caen, ville chère à la tripe, une Confrérie de la gastronomie normande et l’ordre de la Triperie. A Rennes, en Bretagne, les tripes sont additionnées d’encore plus d’oignons et de cidre. A Avranches on leur ajoute de la crème, il faut bien se souvenir que l’on est en Normandie ! Quant aux tripes de Domfront, elles ne sont pas faites avec les estomacs de bœuf comme à Caen, mais avec du pied de bœuf, des échalotes, des carottes et, noblesse oblige, du calvados. Celles de La Ferté-Bernard sont également à base de pied de bœuf mais hachées, et présentées en paquets. Il y a aussi les tripes dites « à la Chaplain », qui sont un mélange de pied de veau, chou, cidre, carottes et épices.

Quant aux amateurs des produits de la mer, la région les comblera. La daurade côtoie le rouget, l’églefin, le lieu noir ou merlu, le lieu blanc ou cabillaud, les équilles, le grondin, le maquereau, la sardine, le homard, la langouste, les crevettes, le tourteau, les encornets, les coquilles Saint-Jacques, les pétoncles, tous les bigorneaux, les huîtres, les moules de bouchot que l’on trouve vers Grandville ou dans la baie du Mont-Saint-Michel. Comme poissons d’eau mixte vous trouverez des anguilles, des mulets et saumons. Cette grande gamme de poissons permet évidemment la composition d’excellentes soupes parmi lesquelles celle des « marins » ou la « marmite cauchoise » agrémentée de crabes et parfumé à la tomate. Vous pourrez déguste de nombreuses soupes aux légumes, aux navets, laitues, haricots verts, au cresson, à l’échalote, aux choux, poireaux, oseille, jaunes d’œuf et crème (surtout dans l’Orne) ou avec des champignons et de la volaille, c’est la soupe des meuniers.

La Normandie ne serait plus la même sans ses fromages. C’est ici que sont fabriqués les plus connus, que nous avons plaisir à retrouver sur nos plateaux. En premier lieu le camembert que l’on ne présente plus, mais qu’il faut savoir choisir pour lui trouver son véritable goût ; le brillat-savarin, onctueux, au goût de noisette ; le livarot, le pont-l’évêque dont l’origine remonterait au XIIIe siècle. D’autres variétés moins connues mais néanmoins excellentes comme le « gournay », produit en Haute-Normandie, le neufchâtel, le pavé de Moxaux et le « fromage de Monsieur » (en souvenir d’un certain monsieur Fromage) se trouvent dans le pays de l’Aube.

Le pain n’a pas non plus à se plaindre. Le pain « régence » et le pain « à épis » nous viennent de Rouen, de Bayeux le « brasillé », du Cotentin une variété à la farine de sarrasin, la « gâche », de Saint-Lô le pain plié, sans oublier les pains à la mie serrée tels que l’« anu », le « brié » ou le « cornet ». A goûter absolument, le pain fendu au bon beurre normand, particulièrement moelleux.

Les gâteaux sont souvent à base de pommes, l’un des produits typiques de cette région, ou encore d’amandes, tels les « mirliton », les feuilletés pommés à la fleur d’oranger. On peut trouver un peu partout dans cette région des galettes, des brioches, des sablés, des biscuits à l’anis et le traditionnel gâteau au beurre normand.

Pour les gourmands, les friandises sont souvent composées à partir de sucre de pommes ou alors ont la forme de pomme, comme le massepain au goût de calvados. Encore plus connus sont les caramels d’Isigny fabriqués dans cette localité. Il vous faut également déguster les berlingots à la menthe de Bayeux, les truffes au chocolat à la bénédictine, baptisées « pavés de Rouen », et toutes les friandises aux noms charmants : « baisers de nègre » (petites meringues recouvertes de chocolat), « tortillons » (bonbons aux fruits), « galets » (pâte d’amandes), « caïques » (chocolat au nougat et parfumé à la bénédictine). Cette liqueur est faite à partir de vingt sept herbes aromatiques et fabriquée à Fécamp depuis 1863, dans une abbaye de style Renaissance dont les caves et le musée méritent le détour. Ne manquez pas non plus les fameuses truffes au calvados et visitez la chocolaterie des « Mon Chéri » à Mont-Saint-Aignan.

 LIRE LA SUITE ET VOIR LES MEILLEURS PRODUCTEURS DANS LE GUIDE DU TERROIR

 

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu